• e-motion (Concours de Design Peugeot 2004)

     

     

     

    Le sujet était de représenter sa vision de l'automobile pour un avenir proche. Il s'agit ici d'un véhicule minimum, réalisé avec un nombre de pièces limité, électrique, monoplace et de dimensions réduites. Les solutions retenues visaient toutes à simplifier la fabrication, la réparation et à réduire les composants.

    Cette proposition est une transposition d'un concept que j'ai étudié pour mon stage en 2001.

     

     

    e-motion est l'abréviation de "electric motion vehicle".
     

     

     


    Le gagnant de l'édition 2004 est le portugais André Costa avec cette étude de véhicule aux roues très particulières. Celles à l'arrière sont géantes et évidées. Ainsi on pénètre dans le véhicule au travers de celles-ci. Au contraire, les roues avant sont minuscules et sphériques ce qui facilite la maniabilité.

     

     

     

     

    Le concours 2004 reçu encore plus de propositions qu'en 2002 (environ 4000) mais seules 30 furent préselectionnées par un comité Peugeot (contre 50 en 2002). Ces dessins demi-finalistes sont publiés sur Internet pour permettre aux internautes et journalistes d'élire les 10 préférés. Au sein de ces 10 finalistes, le comité Peugeot désigne son lauréat et les places de 2ème et 3ème.

    Là encore le vainqueur a vu son oeuvre réalisée échelle 1 et exposée au salon de Francfort 2005 sous le nom de Moovie ainsi qu'en miniature Norev.

     

     

     


  • Commentaires

    1
    phiiil Profil de phiiil
    Mercredi 28 Avril 2010 à 13:33
    Pour ma participation au concours Internet Peugeot de 2004, alors que le sujet était "inventez la Peugeot dont vous rêvez pour un avenir proche", j'ai jugé qu'il était opportun de développer, finaliser et présenter mon précédent projet "Omicron". Après un certain nombre d'améliorations, celui-ci est devenu "e-motion", dont le concept a été présenté comme suit.

    L'automobile est un objet qui fait rêver. Mais pour différentes raisons. Parce qu'elle est synonyme d'évasion, de liberté de mouvement, de confort, de vitesse, ou bien encore de luxe, de voyage, d'aventure, de découverte d'autres espaces, de prestige lié à la technologie avancée qui l'habite et l'anime, d'orgueil, de réussite sociale, d'exploits sportifs ou humains... Ou tout simplement l'automobile peut faire rêver parce qu'elle est inaccessible. D'abord financièrement parlant. Son acquisition, si tant est qu'elle soit rendue possible, constitue une opération à mûrement réfléchir. Ensuite, il faut bien reconnaître que la succession de mesures, certes défendables, écologiques ou sociales pour rendre les villes plus conviviales et vivables, a largement porté tort à l'automobile accusée de tous les maux. Son utilisation s'en voit dès lors contrainte et par conséquent son acquisition remise en cause. C'est suite à cette conclusion que je me suis mis à rêver d'un véhicule libéré de ces contraintes, une voiture d'une grande simplicité qui s'imposerait par son évidence. "e-motion" est ainsi née de ces réflexions.
    Pourquoi et où?

    Avant de définir le concept d'"e-motion" il m'a premièrement fallu analyser son entourage et son domaine d'action. L'univers où le désir d'accéder à l'automobile se voit le plus contrarié est le milieu urbain. L'automobile est en effet pointée du doigt comme étant une des majeures responsables de la pollution qui empoisonne les villes, la faute en incombant à la définition-même du moteur à explosion qui rejette des particules néfastes dues à la combustion de pétrole. D'où l'émergence d'énergies alternatives, certaines modernes comme l'hydrogène, d'autres qui datent de l'automobile mais qui n'ont jamais su s'imposer face au moteur à combustion, comme l'électricité. Revers de la médaille pour ces énergies dites propres, des coûts d'industrialisation conséquents, un rendement affecté, une utilisation parfois contrariée. Par ailleurs, la si pratique voiture est accusée d'encombrer les villes: l'objet ne peut en effet cacher son encombrement et son volume se voit très souvent sous-exploité. Il est vrai que, par exemple, pour une personne seule qui souhaite se rendre à son travail, une surface au sol de 350 à 500 cm par environ 175 est calculée beaucoup trop ample. Aussi est-il permis de rêver d'un cocon protecteur autour de soi et qui pourrait nous mouvoir, seul, dans un encombrement approprié, efficace, et sans atteinte à la santé de notre planète, le tout comprenant l'essentiel du confort et faisant fi d'un coûteux superflu. En conclusion, cette automobile serait individuelle, limitée dans son encombrement, non polluante, simple et évidente de construction.
    Que signifient simple et évident pour une automobile?

    Evident pour les éléments qui doivent impérativement se retrouver pour un tel  véhicule: des roues et un ou plusieurs moteurs pour assurer le déplacement du véhicule, une ou plusieurs places assises pour permettre le minimum de confort de voyage (la station debout n'étant en effet pas toujours supportable pour voyager). Evident aussi pour des impératifs de sécurité (notamment freins, éclairage, protection contre les chocs, protection contres les intempéries, partielle ou totale...). Cependant, ce qui est évident suggère par antithèse que certains éléments peuvent ne pas être essentiels. Ces éléments sont pour la plupart à destination du confort (fonctions électriques par exemple) ou de l'agrément visuel (décoration) mais ils peuvent également toucher la technique de plus en plus élaborée, parfois conséquemment à la multiplication des éléments non évidents précédemment cités. Il est d'ailleurs possible de s'en affranchir pour se concentrer sur l'essentiel qui fait l'automobile et le mettre ainsi en valeur, de simplifier cette machine tellement complexe. En cela on rejoint les préceptes de Ludwig Mies van der Rohe qui énonçait "less is more", à savoir que la valeur d'un objet se résume à la fonction qu'il apporte et non pas les artifices qui peuvent l'en éloigner. Faire évident, faire simple est alors la devise. C'est justement cette simplification, cette évidence que j'ai cherché à rendre et mettre en exergue dans l'étude "e-motion".
                Simple sera "e-motion".
                Simple sera sa fonction: permettre à une seule personne de se mouvoir. Evident sera alors l'encombrement: réduit autour d'un unique siège.
                Simple sera son territoire d'action: la ville exclusivement et impérativement. Evident sera alors le recours à la fée électrique, la vitesse en agglomération étant limitée à 50km/h et les parcours ne se faisant qu'intra muros, les longs périples sont évités et la recharge en énergie s'en trouve simplifiée. Evident seront alors son caractère écologique et sa place dans les cités. Le patronyme "e-motion" fait, du reste, référence à la propulsion électrique du véhicule à savoir qu'il est la simplification, justement, de "electric motion", ainsi qu'à un autre transfert électronique, l'e-mail! Logiquement, le logo "e-motion" symbolise un circuit imprimé et ses soudures.
                Simple sera sa réalisation: "e-motion" fera une certaine économie de moyens tout en évitant l'indigence. Evident sera la réduction du nombre de pièces constituant "e-motion", particulièrement les pièces mobiles, de façon à faciliter et écourter son industrialisation, ainsi que son entretien et sa réparation. Cette simplification sera aussi gage de durabilité: en réduisant le nombre de pièces on réduit ipso facto les risques de défaillance propres à chacune d'elle. Par conséquent, "e-motion" s'écartera volontairement, d’une part du principe des microvoitures sans permis qui sont assez souvent une maladroite réduction au pantographe des véritables automobiles citadines, telle la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, et d’autre part de la Smart, trop sophistiquée pour son dessein théorique. "e-motion" sera donc économique et efficace.


    Ainsi se définit le cahier des charges présidant à "e-motion". Son dégrossissement amène à une réflexion plus profonde sur les contraintes liées à un véhicule monoplace. En effet, il s'avère que les contraintes pour élaborer ce véhicule diffèrent sensiblement de celles concernant une voiture plus traditionnelle (2 places et plus).

    Pour évidente que soit la présence de roues, leur nombre, lui, ne l'est pas forcément. S'il faut pour revendiquer le statut d'automobile présenter plus de 2 roues, 2 propositions s'offrent au choix: 3 ou 4 roues. Néanmoins, pour des raisons de sécurité (tenue de route), de stabilité physique (réduction du roulis) et esthétique ("assise visuelle") et également de confort, les 4 roues traditionnelles s'imposent. Ensuite, quel encombrement accorder au véhicule? Pour favoriser un centre de gravité assez bas, il incombe à "e-motion" de n'être ni trop haut ni trop étroit; le comportement routier et la sensibilité au vent en dépendent, ainsi que les qualités esthétiques.

    D'autre part, sur une monoplace, il apparaît superflu l’installation de 2 portes puisqu'une unique place assise ne nécessite guère qu’un seul accès, donc légitimement qu’une seule porte. Naturellement il se pose le problème de savoir de quel côté la disposer: à droite (côté trottoir) pour un accès sécurisé ou à gauche (côté circulation) pour un accès traditionnel. Se voulant sûre, "e-motion" opte pour la portière droite qui protège l'utilisateur lorsqu'il rentre ou sort du véhicule en ne s'engageant pas par le côté chaussée, ainsi que d'éventuels motards et cyclistes d'être renversés par une ouverture de portière intempestive. Nonobstant cette singularité de conception, l'apparence d'"e-motion" se voit harmonisée grâce à une véritable portière droite, mais dissimulée (contours peu visibles intégrés à la ligne) complétée de l’autre côté par une portière factice en trompe l’œil qui a aussi pour vertu d’équilibrer la silhouette (symétrie). Outre cette simplification technique, l’emploi d’une seule porte amène encore deux améliorations: premièrement une réduction des pièces mobiles et des articulations comme les charnières (celles de la porte absente) et donc une réduction du jeu dans les assemblages, et deuxièmement une réduction du nombre des ouvrants donc une amélioration de la rigidité de la structure d’ensemble.

    Par ailleurs, une voiture électrique se signale aussi par le coût et le poids liés aux batteries. La technologie du moteur électrique aux performances et à l’autonomie acceptables n’étant pas encore tout à fait démocratisée, il convient donc pour rendre le véhicule abordable d’endiguer son coût de fabrication. En ce sens, "e-motion" propose une réduction du nombre de pièces la constituant, ce qui ipso facto réduit aussi le temps et les problèmes liés au montage (alignement des pièces, nombre d'opérations d'assemblage), améliore la solidité d’ensemble et, fait non négligeable, le poids de l’engin. Dans cette optique, "e-motion" se distingue par les points suivants: une réduction du nombre des ouvrants, en l'occurrence ceux-ci se limitent à une seule porte côté droit, l'autre flanc restant fixe, ainsi qu'un accès au coffre type porte de malle en lieu et place d'un hayon, ce qui ne nécessite que des charnières et laisse la lunette arrière fixe; l'absence, en revanche, de capot ouvrant. En effet, les moteurs électriques, au nombre de  4, sont d’un encombrement minimum et se logent directement dans les roues, l’accès aux organes mécaniques à l’avant et à l'arrière (suspension, trains roulants) se fait par en dessous ou par les pare-chocs en tiroir faisant office de trappes. Le capot est, de la sorte, remplacé par une pièce fixe unique qui englobe par ailleurs les 2 ailes avant.

    Mais "e-motion" va également plus loin en révisant directement la forme des pièces essentielles en vue de faciliter leur mise en oeuvre et ainsi réduire leur coût d'industrialisation, d'entretien et de réparation. A cette fin, le profil du pare-brise (pouvant être en polycarbonate pour plus de légèreté) est logiquement plat (il n'est pas cintré transversalement) et ne présente alors qu'une seule courbure latérale et se prolonge jusqu'à l'arrière, faisant ainsi, aussi office de pavillon (une seule pièce constitutive ce qui augure d’une meilleure étanchéité). La longueur des pans de ce vitrage, de part et d'autre de la courbure, étant identique, le sens de montage du pare-brise ne pose, dès lors, plus de problème. En outre, la luminosité qu'il procure est très appréciable, surtout en hiver. Pour endiguer les méfaits du soleil en été, le pare-brise se voit complété d'un store en tissus qui se déroule suivant des glissières intégrées aux montants encadrant ledit pare-brise. Bénéficiant de cette même simplification, le vitrage latéral ainsi que la lunette arrière deviennent eux aussi plats et de réalisation aisée. Pour poursuivre en ce sens, le design tout entier d'"e-motion" choisit d'avoir recours à un certain formalisme rationnel (mais néanmoins emprunt d’un style contemporain) qui évite cependant l’emploi systématique du volume et de la forme du cube caractéristique des minuscules réalisations japonaises (Midgets). Les traits font méthodiquement appel aux formes géométriques, simplifiées, élémentaires, toujours dans cette optique d'épuration de l'usinage des constituants de la carrosserie. En témoignent les pare-chocs en demi-cylindre couché (ils sont plus étroits au niveau des roues pour permettre leur mouvement) et rainurés pour assurer leur bonne tenue face aux petits chocs, les montants à flancs plats, les feux en arc de cercle ou encore le tablier avant semi-circulaire. Par ailleurs, le style, également pour faciliter l'ajustement des pièces (en évitant les surfaces affleurantes qui nécessitent un alignement rigoureux et contrôlé), joue sur l'opposition intégré/non intégré avec des parties volontairement dégagées (feux intégrés en partie, pareil pour les protections latérales et les montants) créant un style déstructuré en même temps qu'homogène. Pour limiter le poids, les éléments constituant la carrosserie, peu nombreux, sont réalisés en matière composite, permettant aussi un entretien plus aisé et d'éviter leur oxydation. De plus la structure de caisse apparente permet l’utilisation d’un matériau d’une autre couleur que la carrosserie (créant un bicolorisme), teinté dans la masse et de fait moins sensible aux rayures inévitables en ville. La structure de caisse comprend 2 arches reliant les bas de caisse aux montants arrière qui encadrent la vitre arrière et les montants avant qui prennent pied au niveau du tablier et, tout en encadrant le pare-brise, fuient vers la poupe pour venir se poser sur les montants arrière. Tout comme les parties les plus exposées (pare-chocs, protections latérales, rétroviseurs), leur teinte gris perle irisée contraste avec la couleur de la carrosserie et la met en valeur. La poupe, quant à elle, se résume à un couvercle reposant sur un berceau reliant les roues arrière. Le recours à des charnières extérieures évite l'élaboration de coûteux vérins et, de plus, elles n'empiètent pas sur le volume réservé aux bagages. Enfin, les enjoliveurs de roues sont faits d’une seule pièce simple à injecter.

    En poussant le principe de simplification à son paroxysme, "e-motion" standardise aussi des pièces pouvant devenir identiques. En effet, pourquoi étudier et produire un pare-chocs avant et un pare-chocs arrière dissemblables, leur fonction étant la même? Partant de ce raisonnement légitime en soi, "e-motion" ne fait appel qu'à un seul modèle de bouclier monté symétriquement à l'avant et à l'arrière (à l'avant, la voie plus large permet aux roues de pouvoir tourner, à l'arrière, l'éclaireur de plaque d'immatriculation est installé dans la poignée de coffre). Dans le même ordre d'idée, 4 clignotants (et des répétiteurs) sont nécessaires à l'homologation d'une automobile. Singulièrement, "e-motion" ne connaît qu'un seul et unique modèle, tronconique, disposé 4 fois: 2 horizontalement sur le pied des montants avant (ils sont visibles aussi bien de face que de profil et rendent ainsi caduc l'emploi de répétiteurs latéraux) et 2 verticalement sur la plage de coffre, derrière les montants de custode (ils sont visibles de l'arrière mais également latéralement). Le principe de non-intégration retenu ici pour les clignotants sert à les rendre plus visibles et sous tous les angles. Les protections latérales, en arc de cercle, profitent elles aussi de leur symétrie verticale et horizontale et dès lors elles peuvent être montées indifféremment à gauche ou à droite sans même se soucier du sens. Les feux ne sont pas en reste et sont également indifférenciés entre le bloc gauche et le bloc droit. Leur forme semi-circulaire trouve une continuité dans des charnières extérieures de coffre elles aussi à dessin unique. Toujours en vue de réduire le nombre de pièces rapportées, tout sigle se voit remplacé par sa représentation en bas relief (sigles Peugeot gravés dans l'embase d'essuie-glace avant, dans les coques de rétroviseurs, sur la porte de coffre, sigles "e-motion" sur les bas de caisse), et, aux enjoliveurs rapportés est préféré le graphisme (rainures de pare-chocs en moustaches typiques de Peugeot et affinées telles un circuit imprimé, encadrements de plaque en "gueule ouverte" propre à la marque au lion, logotype profil d'"e-motion" gravé à l'avant en mémoire des modèles Peugeot de 1955 à 1978, rainures d'enjoliveurs de roues).

    Plus techniquement, et en prenant en compte que le mode de propulsion est électrique et utilise en conséquence des batteries, "e-motion" fait la chasse au gaspi d'énergie et procède à une suppression des fonctions superflues ou devenues ridicules dans son cas. Pour exemple, il apparaît vite inutile de posséder des vitres électriques ou des rétroviseurs eux aussi électriques étant donnée la proximité de ceux-ci du conducteur (mécanismes à portée de main). Pour l'ouverture des vitres, "e-motion" retient la formule la plus élémentaire et la plus évidente, l'ouverture coulissante ne nécessitant pas de recourir à un mécanisme de descente (mécanique ou électrique). D’où une économie de la batterie, ce qui profite à l’autonomie. Le chauffage, lui, profite de la chaleur produite par effet Joule tandis que la climatisation ne fait pas appel à un système lourd et énergivore mais à un bac à glaçons: un bac transportable et comprenant une guirlande d'alvéoles remplies d'eau se place dans le congélateur à domicile pour prendre en glace, et une fois installé sur "e-motion", est traversé par le flux d'air devenant alors frais et plus humide. Les batteries sont ainsi beaucoup moins mises à contribution pour les fonctions annexes (celles qui ne servent pas à rouler, au freinage et à l'éclairage) et leur autonomie s'en ressent. Le but est d'installer le minimum de batteries pour sortir du cercle vicieux: plus de batteries entraîne un surpoids qu'il faut combattre par une puissance accrue des moteurs, requiérant d'autant plus d'énergie, et finalement encore plus de batteries, et ainsi de suite. Moins de batteries engendre moins de poids et moins de puissance nécessaire. Parallèlement, la vitesse étant limitée en agglomération à 50km/h, "e-motion" économise son énergie en ne dépassant pas 70 ou 80km/h car la vitesse ne lui est pas nécessaire, contrairement à l'autonomie. Enfin, l’usage exclusivement urbain de "e-motion" lui permet de se passer de la roue de secours devenue futile étant donnée la proximité des garages, ce qui augure encore un gain de place et de poids mort.

    Techniquement, "e-motion" se présente donc comme un véhicule monoplace, électrique et léger, à usage exclusivement urbain. Les moteurs sont au nombre de 4, un dans chaque roue et font par conséquent d"'e-motion" une 4 roues motrices. La voie arrière réduite permet de se passer d'un différentiel. Les batteries, au nombre et au poids limités, prennent place juste derrière le conducteur et sont accessibles par basculement vers l'avant de la légère carrosserie suivant l'axe de l'essieu avant. Non disposées dans un faux plancher, elles n'occasionnent pas une hauteur exagérée du véhicule. Par ailleurs, elles ménagent un volume de coffre exploitable et accessible. Leur rechargement s'effectue via une fiche étanche logée dans la fausse prise d'air gauche intégrée entre la porte factice et le montant gauche. Le conducteur accède par l'unique portière disposée à droite et à mécanisme louvoyant: la portière s'écarte d'abord légèrement de la carrosserie puis, à l'aide d'un bras, glisse parallèlement à la voiture, vers l'avant, en recouvrant le rétroviseur droit. Ainsi, même ouverte, "e-motion" fait preuve d'une largeur contenue. Pour refermer la porte de l'intérieur, il suffit d'agripper une poignée intérieure disposée à l'arrière de la porte, et de la tirer vers soi. Ceci explique pourquoi la portière glisse vers l'avant: car le geste de fermeture depuis l'intérieur s'avère aisé. Si elle devait partir en arrière, le fait de devoir chercher une poignée se retrouvant en arrière du siège occasionnerait des torsions du bras droit. La palette d'ouverture extérieure se loge dans la fausse prise d'air latérale droite. Le pare-brise, très incliné, est disposé très en avant, à l'aplomb des roues avant: il apparaît assez éloigné du conducteur, lui ménageant une sensation d'espace appréciable. Ledit conducteur est installé juste devant l'essieu arrière, ce qui signifie assez loin du pare-brise et du porte-à-faux avant. Outre les clignotants, les montants de pare-brise supportent également les rétroviseurs latéraux qui partagent leur logement cylindrique avec les phares, ainsi positionnés assez écartés pour améliorer la visibilité de nuit et la signalisation aux autres conducteurs (trop rapprochés, les phares pourraient faire penser à une moto). Cette disposition particulière signe aussi directement le regard d'"e-motion", dont le visage est très expressif.

    Ainsi, en faisant de la simplification son mot d'ordre, "e-motion" se pose comme étant un véhicule évident pour la ville, qui admet de moins en moins l'automobile. En proposant le "moins" essentiel et logique, elle permet le "plus": pouvoir circuler librement et facilement en milieu rural, avec l'esprit libéré aussi. De ce fait, "e-motion" aurait sa place en libre location, pour les trajets domicile-travail ou gare-hôtel par exemple, sans que sa place ne deviennent trop et inutilement encombrante, et sans atteinte à l'environnement et la santé. Par ailleurs, cette recherche de simplicité forge à "e-motion" un caractère et un design inimitable, une esthétique personnelle, épurée, nette (donc identifiable, lisible et  mémorisable), hors mode (donc moins sujette au vieillissement et la dépréciation, conséquences inéluctables de la mode), et emprunte de sympathie. "e-motion" plaît également aux enfants en leur rappelant leurs dessins animés et parce que sa silhouette singulière s'avère aisément esquissable dans la marge des cahiers d'écoliers! Dans l'univers parfois hostile de la ville, "e-motion" est en quelques sortes l'automobile de compagnie.

    Précisions techniques (estimations):
    Carrosserie composite
    Poids total: 300kg maximum
    Poids des batteries: 100kg maximum
    Longueur: 250cm
    Largeur: 115cm
    Hauteur: 120cm
    Moteurs électriques, puissance totale de l'ordre de 20kW soit environ 27ch
    Vitesse maximum: environ 70km/h, valeur suffisante en ville
    Autonomie: supérieure à 100km

    dessins et texte décembre 2004


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